Gourde de sport posée sur un court en résine rouge, près d'une paire de chaussures.
Boissons · Sport & hydratation

Boisson pour le tennis

quoi boire, et comment la préparer

Une bouteille, deux heures de jeu et beaucoup d’idées reçues. Ce qu’il y a vraiment à mettre dedans.

Réponse rapide

Pour une heure de jeu par temps tempéré, l’eau suffit. Au-delà, ou par forte chaleur, une boisson qui apporte un peu de sucre et de sel devient plus efficace, parce qu’elle est mieux absorbée et mieux retenue que l’eau seule. Elle se prépare très bien à la maison : de l’eau, un jus de fruit pour le sucre et le goût, une pincée de sel. Le rythme compte autant que la composition : quelques gorgées à chaque changement de côté valent mieux qu’un grand verre à la fin.

  • Jusqu’à une heure : de l’eau, sans complication.
  • Au-delà, ou en pleine chaleur : un peu de sucre et une pincée de sel.
  • Fait maison : eau, jus de raisin ou de pomme dilué, sel.
  • Le minuteur : chaque changement de côté, quelques gorgées.

Le tennis a un profil d’effort qui ne ressemble ni à la course ni aux sports collectifs. On alterne des points courts et intenses avec des temps morts nombreux, et l’ensemble peut durer une heure comme trois. Sur un court extérieur en été, le sol renvoie la chaleur et il n’y a pas d’ombre.

Ce que le tennis fait boire, et pourquoi c’est particulier

Cette alternance change deux choses. D’abord, la dépense s’étale : on ne s’épuise pas d’un coup, on s’assèche progressivement, souvent sans s’en rendre compte. Ensuite, le jeu ménage des pauses régulières, aux changements de côté, qui offrent un rythme d’hydratation tout prêt. Peu de sports donnent une occasion de boire aussi bien répartie.

Reste une contrainte : ce qui est bu doit être digeste. On repart courir dans les quatre-vingt-dix secondes. Une boisson trop sucrée, trop froide ou avalée en grande quantité pèse sur l’estomac au pire moment.

L’eau suffit-elle ?

Pour une heure de jeu par température douce, l’eau fait le travail. Inutile de compliquer : on transpire modérément, les pertes en sels restent faibles, et le repas qui précède ou qui suit compense largement.

Au-delà, la réponse change. Sur un match long, ou par forte chaleur, deux limites apparaissent. La première tient à l’énergie : les réserves de sucre mobilisables baissent à mesure que le match s’étire, et l’eau n’en apporte aucune. La seconde tient à la rétention : boire beaucoup d’eau pure alors qu’on perd du sel par la sueur revient à diluer ce qui reste, et une partie du liquide bu repart en urine au lieu d’être conservée.

C’est là qu’une boisson légèrement sucrée et salée devient plus efficace : elle est mieux absorbée et mieux gardée. Elle a aussi un avantage plus prosaïque, celui d’avoir du goût, donc de donner envie de continuer à boire. Sur deux heures, c’est souvent ce détail qui fait la différence entre une bouteille finie et une bouteille à moitié pleine.

Les besoins ne se copient pas d’un joueur à l’autre

Les pertes en eau et en sel varient fortement selon la personne, l’intensité du jeu et la météo : deux partenaires sur le même court ne transpirent pas pareil. Les repères donnés ici sont des ordres de grandeur pour du jeu de loisir, pas des prescriptions. En cas de forte chaleur, de traitement en cours, de régime pauvre en sel ou de pathologie particulière, l’avis d’un médecin ou d’un diététicien prime sur toute recommandation générale.

Les trois composants d’une boisson d’effort

Une boisson de l’effort n’a rien de mystérieux. Elle contient trois choses, et chacune a une fonction précise. L’eau apporte le volume, c’est-à-dire l’essentiel. Les sucres fournissent un carburant rapidement utilisable et facilitent le passage de l’eau dans l’organisme, à condition de rester dans une concentration modérée : trop peu, l’effet disparaît ; trop, la boisson devient un sirop qui ralentit la digestion.

Le sodium, lui, sert à retenir l’eau bue et à entretenir la sensation de soif. La sueur en emporte, et une boisson qui n’en contient pas se comporte à peu près comme de l’eau plate. Une pincée de sel dans une bouteille suffit à changer son comportement, sans la rendre salée au goût. Quant aux vitamines, acides aminés et extraits divers affichés sur les étiquettes, ils relèvent surtout de l’argument commercial pour un usage de loisir.

Composant À quoi il sert Ordre de grandeur
Eau Compense le volume perdu par la transpiration La base de la bouteille
Sucres Apportent de l’énergie et facilitent l’absorption Quelques grammes pour 100 ml, bien moins qu’un soda
Sodium Retient l’eau bue et entretient la soif Une pincée par bouteille, imperceptible au goût

La préparer soi-même

Une boisson maison se fait avec ce qu’on a déjà : de l’eau, une source de sucre qui apporte aussi le goût, une pincée de sel. Le jus de raisin et le jus de pomme conviennent bien ; le sirop fonctionne également, avec l’avantage de se doser à la goutte près ; le jus d’agrume donne une boisson plus acide, agréable à la fraîcheur, parfois moins bien tolérée sur estomac vide.

  1. Dissoudre le sel en premier

    Une pincée dans le fond de la bouteille, avec un peu d’eau, avant tout le reste. Elle doit rester imperceptible : si la boisson a un goût salé, il y en a trop.

  2. Ajouter le jus

    Comptez environ un quart à un tiers du volume total en jus, le reste en eau. Le mélange doit rester nettement moins sucré que le jus pur, sinon il passe mal en plein effort.

  3. Ajuster selon la météo

    Par forte chaleur, diluez davantage : l’objectif devient l’hydratation plus que l’apport d’énergie. Par temps frais, sur un match long, vous pouvez resserrer un peu.

  4. Servir frais, jamais glacé

    Une boisson très froide surprend l’estomac en plein effort ; tiède, elle décourage de boire. Le bon réglage est celui qui donne envie de reprendre une gorgée au changement suivant.

Quand boire, autour du match

Le moment qui compte le plus est le plus simple à tenir : pendant. Le changement de côté fait office de minuteur, et quelques gorgées à chaque pause suffisent. Surtout, ne pas attendre la soif, qui arrive toujours en retard sur le besoin réel. Sur un match long ou par forte chaleur, c’est la régularité qui compte, pas le volume avalé d’un coup.

Avant

Arriver hydraté

Boire régulièrement dans les heures qui précèdent, sans excès juste avant le premier service. On ne rattrape pas sur le court un déficit accumulé avant d’y entrer.

Pendant

À chaque changement de côté

Quelques gorgées, systématiquement, même sans sensation de soif. Souvent et peu vaut mieux que rarement et beaucoup, un grand volume passant mal entre deux jeux.

Après

Continuer, avec du sel

La réhydratation se poursuit bien après la dernière balle, et elle se fait mieux avec un apport de sodium. Un repas ordinaire, salé, joue très bien ce rôle.

Ce qu’on laisse au vestiaire

Sodas et jus de fruits purs partagent le même défaut : une concentration en sucre qui ralentit la vidange de l’estomac au moment où l’on a besoin du contraire. Les bulles n’arrangent rien. Le jus, lui, redevient parfaitement utilisable une fois dilué, c’est d’ailleurs la base de la recette précédente. L’alcool, de son côté, n’a sa place ni avant ni pendant, et la bière d’après-match ne réhydrate pas, quoi qu’en dise l’usage.

La confusion vraiment instructive concerne les boissons énergisantes. Le nom laisse croire à une parenté avec les boissons de l’effort ; il n’y en a aucune. Ce sont des produits stimulants, très sucrés et caféinés, conçus pour lutter contre la somnolence, pas pour accompagner deux heures de course. Sur un court, elles hydratent mal et pèsent sur l’estomac. Une boisson de l’effort, elle, est diluée, salée, et pensée pour être bue en petites quantités répétées.

L’eau plate suffit-elle pour jouer deux heures ?

Pour une séance courte et par température douce, oui. Sur deux heures, surtout en plein soleil, elle atteint ses limites : on transpire beaucoup, on perd du sel avec la sueur, et boire uniquement de l’eau ne compense que le volume. Une boisson légèrement sucrée et salée est mieux retenue, et elle donne aussi envie de continuer à boire, ce qui compte plus qu’on ne le croit sur la durée.

Pourquoi met-on du sel dans une boisson de sport ?

Parce que la sueur en contient. Le sodium aide l’organisme à retenir l’eau bue plutôt qu’à l’éliminer aussitôt, et il stimule la sensation de soif, ce qui pousse à boire régulièrement. Une pincée suffit : l’objectif n’est pas de saler la boisson au goût, mais de compenser une partie de ce qui part avec la transpiration.

Peut-on préparer sa boisson isotonique à la maison ?

Oui, et c’est simple. La base tient en trois éléments : de l’eau, une source de sucre — jus de raisin, de pomme, ou sirop — et une pincée de sel. On ajuste ensuite la dilution selon le goût et selon la chaleur. C’est moins précis qu’une poudre du commerce, mais parfaitement suffisant pour du jeu de loisir, et bien plus économique.

Faut-il boire à chaque changement de côté ?

C’est le repère le plus pratique. Le tennis ménage naturellement des pauses régulières : les utiliser pour quelques gorgées évite d’attendre la soif, qui arrive toujours en retard. Mieux vaut boire souvent et peu que rarement et beaucoup, un grand volume avalé d’un coup passant plus mal pendant l’effort.

Les boissons énergisantes ont-elles leur place sur un court ?

Ce sont deux catégories différentes. Une boisson de l’effort sert à hydrater et à fournir un peu de carburant ; une boisson énergisante est un produit stimulant, très sucré et caféiné, conçu pour un tout autre usage. Sur un court, elle hydrate mal et peut peser sur l’estomac. En cas de doute, ou de traitement en cours, l’avis d’un médecin ou d’un diététicien reste la bonne référence.

La bouteille idéale est celle qu’on finit. Une base d’eau, un fond de jus, une pincée de sel, et un goût qu’on a envie de retrouver au changement suivant : le reste tient à la régularité, pas à la formule.