Actualités · Adresses parisiennes

Café Beaubourg

la brasserie d’architecte du Centre Pompidou

Trois immeubles réunis en une seule salle, une mezzanine, un futur lauréat du Pritzker aux commandes — et une terrasse qui regarde désormais un chantier.

Rangée de chaises en bois et de petites tables le long d'une balustrade métallique, salle sobre
Réponse rapide

Le Café Beaubourg est une brasserie parisienne installée rue Saint-Merri, dans le 4e arrondissement, en bordure de la place Georges-Pompidou. Ouvert en 1987 par Gilbert Costes et dessiné par l’architecte Christian de Portzamparc, il réunit les rez-de-chaussée de trois immeubles en une seule salle traversante avec mezzanine.

  • Un café d’architecte : projet dessiné en 1987, pas une brasserie ancienne redécorée.
  • Trois espaces distincts : la terrasse pour la place, la salle pour l’architecture, la mezzanine pour le calme.
  • Brasserie servie en continu : du café du matin au dîner tardif, sans créneau de service unique.
  • Le Centre Pompidou est fermé : chantier de rénovation annoncé jusqu’en 2030, le café reste ouvert.

Beaucoup de gens s’y assoient après une visite dans le quartier sans savoir qu’ils sont dans un projet d’architecte. Le Café Beaubourg n’est pas une brasserie de quartier qu’on aurait redécorée : c’est un lieu dessiné de A à Z en 1987, dans trois immeubles qu’il a fallu réunir.

Le Café Beaubourg, une adresse face au Centre Pompidou

L’établissement se trouve rue Saint-Merri, dans le 4e arrondissement, en bordure de la place Georges-Pompidou. La terrasse regarde directement la grande esplanade en pente et la façade du Centre, avec ses tubes colorés et son escalator en diagonale.

Le nom prête à une confusion courante. Beaubourg désigne à la fois le quartier, le Centre Pompidou lui-même par métonymie, et cette adresse précise. Ici, il s’agit de la brasserie, exploitée aujourd’hui par un groupe qui réunit une vingtaine d’établissements parisiens.

Le café est ouvert, le Centre ne l’est pas

Le Centre Pompidou a engagé sa fermeture progressive en 2025, le chantier de rénovation et de désamiantage des façades a démarré début 2026, et la réouverture est annoncée pour 2030. Ce sont deux exploitations distinctes : la brasserie fonctionne normalement. En revanche, la façade d’en face est en travaux et protégée, et le décor n’est plus celui des photos de guides.

C’est une brasserie au sens plein : on peut y prendre un café le matin, déjeuner, s’installer l’après-midi ou dîner tard. Le service en continu est ce qui rend l’adresse commode dans un quartier où l’on arrive rarement à heure fixe.

1987

le moment où le café parisien devient un objet de design

Il faut se remettre dans le contexte. Au milieu des années 1980, le café parisien type est un décor accumulé par sédimentation, banquettes et miroirs hérités de plusieurs générations. La famille Costes change la règle : le café devient un projet, confié à un architecte ou à un designer, et le décor devient un argument aussi important que la carte.

Le Café Beaubourg s’inscrit exactement dans ce basculement. Il est ouvert en 1987 par Gilbert Costes, qui fait appel pour le dessiner à un architecte alors jeune, Christian de Portzamparc — lequel recevra en 1994 le prix Pritzker, la plus haute distinction de la profession, obtenue pour la première fois par un Français.

Cette généalogie explique beaucoup de choses sur ce qu’on ressent en entrant. Le lieu ne cherche pas à imiter une brasserie ancienne. Il assume d’être contemporain, géométrique, presque sévère.

Ce que Christian de Portzamparc a réellement fabriqué

Selon le groupe qui exploite l’adresse, le projet consistait à transformer plusieurs commerces distincts et exigus — un tabac, une crémerie, une boutique — en un lieu unique. L’architecte a donc réuni les rez-de-chaussée de trois immeubles en une seule salle traversante. C’est le geste fondateur : le regard porte d’un bout à l’autre, alors que la structure d’origine ne le permettait pas.

Le reste découle de cette décision. Une mezzanine surplombe la salle et crée des places à l’écart, avec vue plongeante sur l’ensemble. Des colonnes d’acier reprennent les charges, un escalier de béton relie les niveaux, des bibliothèques garnissent les parois — l’exploitant attribue à Jean-Michel Othoniel les sculptures qui y sont installées, étant entendu qu’un accrochage peut évoluer.

Le détail qu’on ne voit pas

L’acoustique a été traitée par l’architecture elle-même, pas rattrapée après coup par des panneaux rapportés. Dans un volume ouvert, minéral et très fréquenté, c’est ce qui sépare une salle où deux personnes peuvent parler sans élever la voix d’une salle où tout le monde finit par crier pour couvrir les autres.

Ce qu’on y mange et y boit

La carte relève de la brasserie française contemporaine, servie en continu tout au long de la journée, la partie café et boissons fonctionnant indépendamment du service de table. C’est le bon niveau d’attente à avoir : l’adresse ne joue pas dans le registre de la table gastronomique et ne le revendique pas.

Elle joue sur autre chose — la possibilité de s’asseoir dans un lieu remarquable à toute heure, dans un quartier où beaucoup d’adresses ferment entre deux repas. Et comme toute terrasse qui regarde l’une des places les plus fréquentées de Paris, elle facture aussi l’emplacement : l’addition d’un café en terrasse n’y a pas la même logique que dans une rue calme.

Terrasse, salle ou mezzanine

trois expériences différentes

L’erreur classique consiste à prendre ce qui se libère en premier. Les trois espaces ne racontent pourtant pas la même histoire, et le bon choix dépend entièrement de ce qu’on vient faire.

La terrasse

Pour regarder la place

Le passage, les artistes de rue, la pente qui descend vers l’entrée du Centre et, jusqu’à la réouverture, le chantier lui-même. On y voit tout et on y entend tout : c’est le meilleur poste d’observation et le pire endroit pour une conversation sérieuse.

La salle

Pour voir l’architecture

Volume traversant, hauteur sous plafond, colonnes, lumière qui tombe des grandes ouvertures. C’est l’espace le plus animé, surtout aux heures de repas, mais c’est le seul endroit d’où l’on comprend réellement le projet du lieu.

La mezzanine

Pour s’installer au calme

On surplombe la salle, le bruit monte moins qu’on ne le croit et l’on peut rester longtemps. C’est le choix logique pour un rendez-vous où l’on doit s’entendre ou pour une pause de fin d’après-midi. En contrepartie, on perd la vue sur la place.

Y aller au bon moment, dans un quartier très fréquenté

Le quartier reste l’un des plus passants de Paris, entre Les Halles, le Marais et les rues piétonnes qui convergent vers la place. La fermeture du Centre a retiré le principal générateur de flux — ces vagues très nettes à l’ouverture et à la fermeture du musée — sans vider le secteur pour autant : l’affluence de la brasserie suit désormais surtout les horaires de repas.

En pratique, la fin de matinée et le milieu d’après-midi restent les créneaux les plus confortables. Le déjeuner et le début de soirée concentrent l’affluence, ce qui rallonge l’attente et réduit le choix de la place. Pour un repas à plusieurs, ou si l’on tient à un espace précis, la réservation évite de subir ce qui reste disponible.

Deux points valent une vérification avant de se déplacer : les horaires du jour, et l’état d’ouverture des différents espaces, qui varie selon la saison, la météo pour la terrasse, ou une privatisation ponctuelle. Le chantier voisin peut aussi modifier les abords. La page officielle de l’établissement reste la source à jour sur ces points.

Où se trouve exactement le Café Beaubourg ?

Rue Saint-Merri, dans le 4e arrondissement de Paris, en bordure de la place Georges-Pompidou, face au Centre. On y accède facilement depuis Rambuteau, Châtelet ou Hôtel de Ville. La terrasse donne sur l’esplanade en pente qui descend vers l’entrée du Centre.

Qui a créé le Café Beaubourg et quand ?

Il a été ouvert en 1987 par Gilbert Costes, et dessiné par l’architecte Christian de Portzamparc, qui recevra en 1994 le prix Pritzker, le premier Français à l’obtenir. C’est l’un des lieux fondateurs de la manière dont la famille Costes a redéfini le café parisien dans les années 1980.

Qu’est-ce qui rend son architecture particulière ?

Le projet a réuni les rez-de-chaussée de trois immeubles en une seule salle traversante, là où il y avait auparavant plusieurs petits commerces. S’y ajoutent une mezzanine qui surplombe la salle, des colonnes d’acier, un escalier de béton et des bibliothèques. L’acoustique a été traitée par l’architecture elle-même plutôt que corrigée après coup.

Est-ce qu’on peut y manger ou seulement boire un café ?

Les deux. La carte relève de la brasserie française contemporaine et le service fonctionne en continu, du matin jusque tard le soir, ce qui permet aussi bien un café qu’un repas. Ce n’est pas une table gastronomique et l’adresse ne s’en réclame pas.

Le Centre Pompidou étant fermé, est-ce que le café l’est aussi ?

Non, ce sont deux exploitations distinctes. Le Centre Pompidou est fermé pour un chantier de rénovation et de désamiantage annoncé jusqu’en 2030, tandis que la brasserie fonctionne normalement. Seule la vue depuis la terrasse s’en trouve modifiée, et les abords peuvent évoluer au gré du chantier.

Pendant cinq ans, la plus belle vue du Café Beaubourg sera à l’intérieur : celle d’une salle dessinée d’un seul tenant par un architecte qui n’était pas encore célèbre.