Café Joyeux
le café solidaire qui emploie autrement
Une enseigne de restauration tenue par des personnes en situation de handicap, et un café torréfié à emporter chez soi.
Café Joyeux est une enseigne de cafés-restaurants, née à Rennes fin 2017, qui emploie en milieu ordinaire des personnes porteuses d’autisme ou de trisomie 21. Ce n’est pas une association mais une entreprise à mission, dont les bénéfices sont réinvestis dans le projet et l’action solidaire. La marque torréfie aussi son propre café, à emporter chez soi.
- Une mission : employer des personnes en situation de handicap en milieu ordinaire.
- Une vingtaine de cafés : en France et à l’étranger, dont un sur les Champs-Élysées.
- Un café à soi : torréfié à Strasbourg, vendu en grains, moulu ou en capsules.
- Un modèle : entreprise à mission, bénéfices réinvestis via une fondation.
Café Joyeux, un café qui change la donne
On pousse la porte d’un Café Joyeux comme celle de n’importe quel coffee shop : pour un café, un déjeuner, une pause. La différence se voit au comptoir et en salle, où l’équipe est composée de personnes en situation de handicap. Ni vitrine, ni démonstration : on est accueilli, servi, on mange bien. Le projet tient justement dans cette évidence retrouvée.
Tout est parti d’une rencontre. Yann Bucaille-Lanrezac et son épouse Lydwine croisent la route de jeunes adultes autistes ou porteurs de trisomie 21 qui partagent tous le même désir : travailler. De là naît, à Rennes, fin 2017, le premier Café Joyeux. L’idée est simple : ouvrir un vrai restaurant, ouvert à tous, où ces personnes occupent de vrais postes.
Disons-le tout de suite, car la confusion est fréquente : Café Joyeux n’est pas une association caritative. C’est une enseigne de restauration, qui sert de vrais clients et facture de vrais repas. Ce qui la distingue, c’est ce qu’elle fait de son activité et qui elle emploie.
Une mission
employer des personnes en situation de handicap
Le cœur du projet est là. Les équipes réunissent des personnes porteuses d’autisme ou de trisomie 21, à des postes de salle, de cuisine et de service. Pas dans un atelier protégé à part, mais en milieu ordinaire, face aux clients, avec un uniforme et un métier. Les horaires sont adaptés au rythme de chacun, ce qui permet à des personnes longtemps tenues à l’écart de l’emploi de trouver une place.
En salle, cela se ressent. Le service peut être un peu plus posé, l’échange plus direct, l’accueil plus attentif. Beaucoup de clients repartent en disant avoir vécu un moment plus humain qu’ailleurs. Ce n’est pas un argument de façade : c’est la conséquence d’une équipe qui met du soin dans un geste aussi banal que servir un café.
Une grande partie des personnes en situation de handicap mental qui veulent travailler n’y parviennent pas. Café Joyeux montre qu’un modèle existe, et qu’il tient debout.
S’attabler dans un Café Joyeux
En quelques années, l’enseigne a essaimé. On compte aujourd’hui une vingtaine de cafés-restaurants, en France et au-delà de nos frontières, avec une présence en Belgique, au Portugal et jusqu’aux États-Unis. L’adresse la plus emblématique reste celle des Champs-Élysées, à Paris, ouverte en 2020. La première implantation à l’international, elle, a vu le jour à Lisbonne.
Ce qu’on y mange tient du bistrot de jour : cafés et boissons chaudes, petits-déjeuners, formules du midi simples et fraîches, pâtisseries. Rien de compliqué, et c’est volontaire. L’enjeu n’est pas la performance gastronomique mais la qualité d’un lieu où l’on revient, seul avec un livre, entre collègues le midi ou en famille le week-end. Pour comprendre, le mieux reste d’y passer une heure : la salle en dit plus long que n’importe quelle brochure.
Le café Joyeux, de la torréfaction à la tasse
La mission ne s’arrête pas à la porte des restaurants. Café Joyeux a aussi développé sa propre marque de café, à emporter chez soi. Les grains sont torréfiés à Strasbourg, puis conditionnés à Paris par une trentaine de personnes en situation de handicap. Acheter un paquet, c’est soutenir le projet même si l’on n’habite pas près d’un café, et prolonger à la maison ce qu’on a goûté en salle.
Pour les amateurs
À moudre soi-même, pour ceux qui ont un moulin ou une machine à grains et veulent le café le plus frais en tasse.
Le plus simple
Prêt à passer en cafetière filtre ou à l’italienne, sans matériel supplémentaire. La version la plus polyvalente.
Pour les machines
Compatibles avec les machines à capsules du quotidien, pour un café rapide sans renoncer au geste solidaire.
Un modèle solidaire qui interroge la restauration
Reste la question du modèle, et elle mérite d’être posée sans naïveté. Café Joyeux fonctionne comme une entreprise, avec ses clients, ses recettes et ses contraintes. Mais ses bénéfices ne sont pas distribués comme dans une affaire classique : ils sont réinvestis dans le projet, dans la formation des équipes et dans l’action solidaire, portée par une fondation. On parle d’entreprise à mission plutôt que de structure purement caritative.
Ce choix interroge tout le secteur. Il montre qu’une équipe inclusive n’est pas un frein à la qualité, et qu’un restaurant peut faire de l’emploi des plus fragiles le centre de son projet sans renoncer à servir correctement. Tout n’est pas magique : le modèle demande un accompagnement, une organisation, des soutiens. Mais il fonctionne, et il a fini par s’exporter.
Qui a créé Café Joyeux ?
Café Joyeux a été fondé par Yann Bucaille-Lanrezac et son épouse Lydwine, à la suite de rencontres avec de jeunes adultes autistes ou porteurs de trisomie 21 qui souhaitaient travailler. Le premier café a ouvert à Rennes fin 2017. Le fondateur a depuis été décoré de la Légion d’honneur pour cette initiative.
Quel handicap concerne les employés de Café Joyeux ?
Les équipes réunissent principalement des personnes porteuses d’autisme ou de trisomie 21, employées en milieu ordinaire de travail, à des postes de salle, de service et de cuisine. Les horaires sont adaptés au rythme de chacun, ce qui permet à des personnes souvent éloignées de l’emploi d’occuper un vrai poste.
Où trouver un Café Joyeux ?
L’enseigne compte aujourd’hui une vingtaine de cafés-restaurants, en France et à l’international, notamment en Belgique, au Portugal et aux États-Unis. L’adresse la plus connue est celle des Champs-Élysées à Paris, ouverte en 2020, et la première implantation hors de France a ouvert à Lisbonne.
Peut-on acheter le café Joyeux pour chez soi ?
Oui. Café Joyeux torréfie sa propre marque de café à Strasbourg, conditionnée à Paris par des personnes en situation de handicap. Il se décline en grains, moulu ou en capsules selon votre machine. L’acheter permet de soutenir le projet même si l’on n’habite pas près d’un café.
Café Joyeux est-il une association ?
Non. C’est une entreprise de restauration, qui sert de vrais clients et facture ses repas. Sa particularité est de réinvestir ses bénéfices dans le projet, la formation des équipes et l’action solidaire, portée par une fondation. On parle d’entreprise à mission plutôt que de structure purement caritative.
Café Joyeux ne demande pas qu’on l’admire, seulement qu’on s’y attable. Le reste — la mission, l’emploi, la fierté d’une équipe — se passe alors de discours.