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Café des Ministères

le bistrot de tradition du 7e

Une petite salle au milieu des ministères, un vol-au-vent devenu signature et une cuisine de sauce assumée : ce qui fait la réputation de cette adresse parisienne.

Feuilleté salé ouvert, garni de champignons et de fromage, servi avec un coulis sombre sur assiette blanche
Réponse rapide

Le Café des Ministères est un bistrot parisien situé au 83 rue de l’Université, dans le 7e arrondissement, tenu par Roxane et Jean Sévègnes. On y défend une cuisine française de tradition, marquée par les sauces, les abats et le Sud-Ouest, dont le vol-au-vent est devenu la signature reconnue. Une petite salle, une clientèle d’habitués venue des bureaux du quartier, et une réservation vivement conseillée.

  • 83 rue de l’Université, Paris 7e, près du Palais-Bourbon.
  • Roxane et Jean Sévègnes : la salle et les vins, la cuisine.
  • Le vol-au-vent comme plat-signature de la maison.
  • Cuisine de sauce et d’abats : un registre à connaître avant de réserver.

Un bistrot au milieu des ministères

Le nom ne relève pas de la coquetterie : il décrit une adresse. Le Café des Ministères se trouve au 83 rue de l’Université, dans le 7e arrondissement de Paris, à quelques minutes à pied du Palais-Bourbon et au milieu d’un quartier où se concentrent administrations, cabinets et hôtels particuliers reconvertis en bureaux.

C’est un secteur qui ne ressemble à aucun autre pour la restauration : peu de passage touristique, peu de flâneurs le soir, mais une densité de gens qui déjeunent au même endroit toute l’année. Une maison de quartier, donc, mais dans un quartier où le quotidien exige un niveau que beaucoup de tables plus visibles n’atteignent pas.

Une maison reprise par un couple de restaurateurs

L’adresse existait avant eux, mais c’est le couple Sévègnes qui lui a donné son visage actuel. Jean Sévègnes est en cuisine, avec un parcours dans de grandes maisons parisiennes et internationales avant de s’installer à son compte — d’où une exigence de cuisson et de sauce qui relève davantage de la gastronomie que du bistrot ordinaire. Roxane Sévègnes tient la salle et construit la carte des vins.

Cette répartition n’est pas anecdotique pour le convive. Elle produit un service qui connaît ses plats et sait les raconter, et une carte des vins choisie plutôt qu’achetée en gros, avec une vraie place laissée aux régions françaises. Dans un bistrot, c’est souvent ce qui sépare une bonne adresse d’une adresse mémorable.

Le vol-au-vent, plat-signature et symbole d’un retour

S’il ne fallait retenir qu’un plat de la maison, ce serait celui-là. Le vol-au-vent y est devenu une signature, régulièrement citée par la presse gastronomique, au point que les habitués le commandent avant même d’avoir lu la carte.

Ce que c’est vraiment

Un vol-au-vent est une croûte de pâte feuilletée, montée en cylindre, creuse, garnie d’une préparation en sauce. Le nom vient de la légèreté du feuilletage, censé s’envoler au moindre souffle. La garniture classique associe des morceaux de volaille, parfois des ris de veau, des champignons, le tout lié par une sauce crémeuse. Ici, la version maison fait appel aux ris de veau ou d’agneau et à un jus truffé, selon les périodes.

Techniquement, c’est un plat exigeant : le feuilletage doit rester croustillant alors qu’on y verse une sauce, la garniture doit être fondante sans s’effondrer, et la sauce doit tenir sans être lourde. Trois savoir-faire distincts dans une même assiette.

Pourquoi il était passé de mode

Le vol-au-vent a longtemps traîné une réputation de plat de banquet, associé aux bouchées à la reine industrielles servies en collectivité. La cuisine des années 1990 et 2000, tournée vers la légèreté, les cuissons courtes et les assiettes dressées, l’a écarté sans ménagement.

Son retour accompagne celui d’une cuisine de sauce assumée, des abats et du feuilletage maison. Plusieurs bistrots parisiens en ont fait un marqueur, une façon de dire qu’on travaille des techniques longues plutôt que des produits assemblés.

Le style de cuisine

sauces, abats et Sud-Ouest

Le registre est clair, et mieux vaut le connaître avant de réserver. On est ici dans la cuisine française de tradition, celle des terrines maison, des abats, du gibier quand la saison le permet, et des sauces travaillées longuement. Les influences du Sud-Ouest sont assumées, avec ce que cela suppose de générosité et de produits de caractère. Le chou farci, autre pièce maîtresse de la maison, a d’ailleurs été distingué en 2022 dans un concours consacré à ce plat.

Moment du repasLe registre de la maison
En entréeTerrines et charcuteries maison, préparations de foie gras, produits du Sud-Ouest
En platFeuilletés en sauce, abats, plats mijotés, gibier quand la saison s’y prête
En dessertLes grands classiques du répertoire français, baba et desserts de tradition

Ces familles donnent le ton, mais la carte change au fil des saisons et des arrivages : aucun plat n’est garanti à un instant donné. Ce n’est pas une adresse pour qui cherche une cuisine légère, végétale ou minimaliste. C’est une cuisine de sauce, de cuisson longue et de produits qui ont du goût. Ceux qui aiment ce registre y trouvent une des meilleures expressions parisiennes du genre ; les autres seront plus à l’aise ailleurs.

Le rythme particulier d’une adresse de quartier administratif

L’établissement ne fonctionne pas comme un restaurant de quartier touristique. La clientèle vient en grande partie des bureaux et des institutions alentour, ce qui concentre l’activité sur les jours de semaine, et les services de midi comme du soir se remplissent vite.

Deuxième conséquence : la réservation n’est pas un luxe. Le nombre de couverts reste celui d’un bistrot, pas d’une brasserie, et la réputation de la maison dépasse largement le quartier. Mieux vaut anticiper, en particulier pour un dîner ou pour une table de plus de deux personnes.

Une information à vérifier avant de partir

Au moment d’écrire ces lignes, la maison ne sert ni le samedi ni le dimanche, ce qui est cohérent avec une clientèle de bureaux. Ce type d’organisation évolue régulièrement, comme les jours de fermeture annuelle : un coup d’œil au site de l’établissement avant de traverser Paris reste la meilleure précaution.

Bistrot de tradition

ce que le mot recouvre encore

Le mot bistrot est aujourd’hui employé pour à peu près tout, du décor rétro d’une chaîne à la table de chef qui revendique la simplicité. Il garde pourtant un sens précis, et le Café des Ministères aide à le rappeler. Trois critères permettent de reconnaître les vrais.

Le format

Une salle qu’on peut tenir

Une taille modeste, une carte courte qui change, un service qui reconnaît ses habitués. Le nombre de couverts limite la production, donc permet de tout faire sur place.

Le répertoire

Des plats identifiables

Charcuteries et terrines en entrée, plats mijotés ou en sauce, desserts classiques. Un répertoire que l’on peut nommer, par opposition à une carte de tendances interchangeables.

L’économie

Des produits entiers travaillés

Des pièces entières découpées en cuisine, y compris des morceaux dits secondaires, plutôt que des portions livrées prêtes à cuire. C’est ce qui rend possible une cuisine de sauce sans envolée des prix.

Ce modèle avait reculé, jugé trop lourd et trop peu rentable. Il revient parce qu’il fait exactement ce que la restauration standardisée ne sait pas faire : du travail visible, une cuisine identifiable et une salle qui a une adresse plutôt qu’un concept.

Où se trouve le Café des Ministères ?

Au 83 rue de l’Université, dans le 7e arrondissement de Paris, à quelques minutes à pied du Palais-Bourbon, au milieu du quartier administratif dont l’établissement tire son nom.

Qui tient l’établissement ?

Roxane et Jean Sévègnes. Jean assure la cuisine après un parcours dans de grandes maisons, Roxane tient la salle et construit la carte des vins, avec une place importante laissée aux régions françaises.

Qu’est-ce qu’un vol-au-vent, exactement ?

Une croûte de pâte feuilletée montée en cylindre et creusée, garnie d’une préparation en sauce : volaille, ris de veau, champignons. Le nom vient de la légèreté du feuilletage. C’est un plat technique, qui demande de réussir séparément la croûte, la garniture et la sauce.

Quel type de cuisine y sert-on ?

Une cuisine française de tradition : terrines maison, abats, gibier en saison, plats mijotés et sauces travaillées, avec des influences marquées du Sud-Ouest. Ce n’est pas une adresse pour qui cherche une carte légère ou végétale.

Faut-il réserver ?

C’est fortement conseillé. La salle a la taille d’un bistrot, pas d’une brasserie, et la réputation de la maison dépasse largement le quartier. Anticipez surtout pour un dîner ou pour une table de plus de deux personnes.

Est-ce ouvert le week-end ?

Au moment d’écrire ces lignes, la maison ne sert ni le samedi ni le dimanche : la clientèle vient surtout des bureaux et institutions du quartier, ce qui concentre l’activité en semaine. Ce type d’organisation évolue, il vaut mieux le vérifier avant de se déplacer.

Il y a quelque chose de rassurant à voir une croûte feuilletée redevenir un motif de déplacement à travers Paris. Le Café des Ministères ne mise ni sur le décor ni sur la nouveauté : il mise sur des gestes que peu de maisons acceptent encore de faire tous les jours.