Actualités · Adresses parisiennes

Café Poète, rue La Boétie

le bistrot qui joue la bibliothèque

Rue La Boétie, dans le 8e arrondissement, un bistrot met les livres dans son décor — au milieu de la rue qui fut le centre du marché de l’art moderne parisien.

Salle de café aux murs couverts de livres empilés, avec une table ronde de bistrot et des chaises en bois
Réponse rapide

Le Café Poète est un bistrot doublé d’un bar à cocktails, installé au 98 rue La Boétie à Paris 8e, à l’angle de la rue Franklin-Roosevelt. Le lieu revendique un décor de bibliothèque, avec une salle dédiée, un salon à l’étage et une terrasse à la belle saison. La cuisine est méditerranéenne, avec un brunch le samedi et le dimanche.

  • Où : 98 rue La Boétie, Paris 8e, à l’angle de la rue Franklin-Roosevelt.
  • Le lieu : bistrot et bar à cocktails, salle bibliothèque, salon à l’étage, terrasse d’été.
  • La cuisine : registre méditerranéen, brunch le samedi et le dimanche.
  • Le contexte : la rue fut le cœur du marché de l’art moderne entre les deux guerres.

Un bistrot à l’angle de la rue La Boétie

Le Café Poète occupe le 98 rue La Boétie, dans le huitième arrondissement de Paris, à l’angle de la rue Franklin-Roosevelt, à quelques pas des Champs-Élysées. Les stations Saint-Philippe-du-Roule et Franklin-D.-Roosevelt encadrent le secteur. L’adresse est de celles qu’on croise sans les voir : une rue passante, des immeubles haussmanniens, des bureaux, et au rez-de-chaussée une devanture qui joue une autre partition que ses voisines.

La maison se présente comme un bistrot artistique doublé d’un bar à cocktails. Concrètement, cela veut dire plusieurs usages sous un même toit : on peut y prendre un café le matin, y déjeuner, y boire un verre en soirée, et y réserver une table pour dîner.

Ce mélange n’a rien d’anodin dans ce quartier. Le huitième arrondissement autour des Champs-Élysées vit largement sur une clientèle de bureaux, d’hôtels et de passage. Y installer un lieu qui revendique un décor de bibliothèque plutôt qu’une façade démonstrative est un choix, et c’est ce choix qui donne à l’endroit son identité.

Un décor qui revendique la lecture

L’établissement décrit lui-même son intérieur comme une parenthèse : atmosphère chinée, bibliothèque rêveuse, cabinet de curiosités, musiques du monde. Traduit en éléments concrets, cela donne des livres empilés en rayonnages, des miroirs fumés, un éclairage tamisé, des banquettes, des bibelots collectés et des bouquets.

Le parti pris se lit surtout dans ce qu’il refuse. Pas de grande verrière ouverte sur la rue, pas de mobilier standardisé, pas de lumière blanche : le lieu cherche l’intériorité, ce qui en fait une adresse de conversation plus que de démonstration.

Rez-de-chaussée

La salle bibliothèque

L’espace le plus identitaire de la maison, avec ses rayonnages et son éclairage bas. C’est là que le parti pris se comprend d’un coup d’œil, et c’est aussi la salle la plus adaptée à un rendez-vous où l’on veut s’entendre parler.

À l’étage

Le salon privé

Le premier étage abrite un salon utilisable pour des occasions plus fermées : repas de groupe, réunion, célébration. Il se réserve, ce qui suppose de s’y prendre à l’avance sur les périodes chargées.

Belle saison

La terrasse

Aux beaux jours, la terrasse fonctionne comme un contrepoint au reste : lumière du jour, animation de la rue, format court. C’est l’espace du café du matin ou du verre de fin de journée plus que celui du long dîner.

Reste que le nom engage. Appeler un lieu Café Poète, c’est se réclamer d’une tradition parisienne où le café a été un lieu d’écriture et de discussion, du Procope aux brasseries de Saint-Germain. Le rapprochement est assumé par la maison : il tient au décor et à l’ambiance plus qu’à une programmation de lectures.

La rue La Boétie, ancien cœur du marché de l’art

Ce que l’établissement ne raconte pas, et qui rend le choix de la rue plus intéressant qu’il n’y paraît, c’est que la rue La Boétie a été pendant vingt ans le centre du marché de l’art moderne à Paris.

En 1910, le marchand Paul Rosenberg s’installe au 21 de cette rue. Sa galerie expose les modernes au rez-de-chaussée, financés par la vente de maîtres du dix-neuvième siècle à l’étage : Cézanne, Manet, Degas, Monet, Renoir, Delacroix. Dans les années 1920 et 1930, la rue concentre les galeries qui font le marché, et Rosenberg devient l’un des marchands les plus influents d’Europe.

Il signe avec Picasso un contrat d’exclusivité qui court de 1918 à 1940, et les deux familles habitent le même bout de rue pendant des années. Braque le rejoint en 1924, Léger en 1927, Matisse en 1936. C’est dire la densité de ce qui s’est joué sur quelques centaines de mètres.

Une coïncidence, pas une filiation

Rien de cette histoire ne se voit aujourd’hui depuis le trottoir, et l’établissement contemporain n’a aucun lien avec cette période ni avec les galeries d’alors. Mais un bistrot qui met l’art et la littérature dans son décor, à cette adresse précise, tombe plutôt bien.

Ce qu’on y mange, et quand y aller

La cuisine annoncée est méditerranéenne, avec des influences revendiquées venues des côtes italiennes, de Corse et d’Argentine. Cela donne un registre lisible : pièces de viande, volaille, poisson, préparations froides comme le gaspacho, plats rôtis, pâtes gratinées. Le bar à cocktails complète l’ensemble, avec une carte de vins.

Les cartes et les formules évoluent au fil des saisons : les recopier ici n’aurait aucun intérêt, et le réflexe utile consiste à consulter celle du moment. Pour un dîner, un groupe ou le salon de l’étage, la réservation reste le geste raisonnable.

Les moments, en revanche, sont stables, et ils dessinent quatre lieux différents dans le même établissement.

MomentCe que devient l’endroitL’espace qui va avec
Le matinCafé de quartier d’affaires, format courtTerrasse ou salle basse
Le déjeunerLe service le plus dense, clientèle de bureauxSalle principale, réservation utile
Fin de journéeBascule vers le bar à cocktails, lumière tamiséeSalle bibliothèque et salons
Le week-endBrunch du samedi et du dimanche, rythme lentToute la maison, salon compris

Cette inversion du week-end vaut d’être connue : dans un quartier qui se vide dès le vendredi soir, une maison qui sert un brunch fait venir des gens qui n’y travaillent pas, et l’endroit change complètement d’ambiance.

Le quartier autour

Le secteur concentre, sur quelques centaines de mètres, une densité d’institutions culturelles rare à Paris.

Les Champs-Élysées sont à deux pas, mais l’intérêt est ailleurs : en descendant vers la Seine, on trouve le Grand Palais et, juste en face, le Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris, dont les collections permanentes se visitent gratuitement. L’avenue Matignon, toute proche, a hérité d’une partie du marché de l’art parti de la rue La Boétie : ses galeries se visitent librement, et c’est une promenade sous-estimée.

En remontant vers le nord, on rejoint le parc Monceau et les musées installés dans les hôtels particuliers du secteur. Vers l’ouest, l’avenue Montaigne conduit au Théâtre des Champs-Élysées. Le quartier n’est pas le plus chaleureux de Paris, mais pour qui aime l’art et les grandes façades, il se marche bien, et un café-bibliothèque au milieu de tout cela fait un point de chute cohérent.

Où se trouve le Café Poète ?

Au 98 rue La Boétie, dans le huitième arrondissement de Paris, à l’angle de la rue Franklin-Roosevelt et à quelques pas des Champs-Élysées. Les stations de métro les plus proches sont Saint-Philippe-du-Roule et Franklin-D.-Roosevelt.

C’est un bar ou un restaurant ?

Les deux : la maison se présente comme un bistrot artistique doublé d’un bar à cocktails. On peut y prendre un café le matin, y déjeuner, y boire un verre en soirée ou y dîner. Les espaces sont distincts, avec une salle bibliothèque et un salon à l’étage.

Pourquoi ce nom de Café Poète ?

Le nom renvoie au parti pris du décor : livres en rayonnages, miroirs fumés, éclairage tamisé, objets chinés. Il se réclame d’une tradition parisienne où le café a été un lieu d’écriture et de discussion. Le rapprochement tient à l’ambiance plus qu’à une programmation de lectures.

Y a-t-il un brunch le week-end ?

Oui, la maison sert un brunch le samedi et le dimanche. Comme les formules évoluent au fil des saisons, mieux vaut consulter la carte du moment avant de venir, et réserver si l’on vient à plusieurs.

Que voir dans le quartier ?

Le Grand Palais et le Petit Palais sont à quelques minutes en descendant vers la Seine, les collections permanentes du second se visitant gratuitement. L’avenue Matignon et ses galeries, le parc Monceau et le Théâtre des Champs-Élysées complètent les promenades possibles.

Un décor de bibliothèque dans la rue des marchands de tableaux : la coïncidence n’était pas prévue, elle fonctionne quand même.